« Vous aimez les animaux ? Vous aimez aider les gens ? Venez vivre de la zoothérapie. »
Ce message est souvent utilisé pour présenter la profession.
Il est inspirant mais à la limite cela ressemble plus à un discours marketing et arnaqueur qu’une formation de qualité !
Il donne envie de contribuer au bien-être des autres.
Mais il mérite aussi d’être accompagné d’une réflexion plus approfondie.
Car exercer en relation d’aide avec un animal ne consiste pas simplement à aimer les animaux et à vouloir aider les gens.
C’est une responsabilité professionnelle.
Une profession avant tout
Comme toute profession de la relation d’aide, les interventions assistées par l’animal demandent des compétences qui vont bien au-delà de la passion.
Le professionnel doit comprendre les besoins de différentes clientèles.
Savoir construire des objectifs.
Observer les effets des interventions.
Adapter continuellement sa pratique.
Collaborer avec d’autres professionnels.
Reconnaître les limites de son champ d’exercice.
Et protéger le bien-être de son animal autant que celui des bénéficiaires.
Ces compétences s’acquièrent avec une formation rigoureuse et une pratique encadrée.
Une réalité souvent oubliée.
Vivre de cette profession signifie aussi accepter une réalité parfois exigeante.
Les milieux veulent des interventions de qualité.
Ils souhaitent des professionnels capables d’expliquer leur démarche.
Ils doivent pouvoir avoir confiance que les bénéficiaires seront en sécurité.
Que l’animal sera lui aussi protégé.
Que les objectifs poursuivis reposent sur une méthodologie solide.
Cette confiance ne se construit pas uniquement grâce à la passion.
Elle se construit grâce aux compétences.
Un exemple concret
Deux personnes souhaitent offrir des services en relation d’aide avec leur chien.
La première possède un chien très sociable et une grande motivation.
La seconde possède également un excellent chien, mais elle a appris à sélectionner les objectifs, construire les interactions, observer les effets, reconnaître les limites de son intervention et protéger le bien-être de son partenaire animal.
Les deux aiment profondément les animaux.
Mais seule l’une des deux est en mesure de démontrer une pratique professionnelle structurée.
Cette différence est importante.
Autant pour les bénéficiaires que pour les milieux qui choisissent leurs professionnels.
Une responsabilité partagée
Cette réflexion concerne aussi les milieux qui accueillent des services d’interventions assistées par l’animal.
Lorsqu’ils choisissent un professionnel, ils ne choisissent pas seulement une personne sympathique accompagnée d’un animal apprécié.
Ils confient à cette équipe la responsabilité d’intervenir auprès de personnes parfois vulnérables.
Ils ont donc la responsabilité de vérifier les compétences, la méthodologie utilisée, la préparation de l’animal, son évaluation et sa certification.
Ces exigences ne visent pas à compliquer l’accès à la profession.
Elles visent à protéger le public, les professionnels et les animaux.
Une profession qui mérite d’être reconnue
Les interactions humain-animal peuvent produire des effets remarquables.
Mais ces effets ne devraient jamais reposer uniquement sur les qualités d’un animal ou sur la bonne volonté d’un intervenant.
Ils devraient s’appuyer sur une méthodologie des interactions humaines et animales, une sélection rigoureuse de l’animal partenaire, une évaluation de ses aptitudes, une préparation progressive et une certification qui témoignent d’une véritable pratique professionnelle.
Parce que la question n’est pas seulement :
« Peut-on vivre de la zoothérapie ? »
La véritable question est :
« Sommes-nous prêts à exercer cette profession avec toute la rigueur qu’elle exige ? »