« Nous laissons toujours le chien choisir la personne qui en a le plus besoin. »
 
Cette idée est souvent présentée comme une grande qualité en intervention assistée par l’animal.
 
Elle est touchante.
 
Elle donne l’impression que le chien sait instinctivement quoi faire.
 
Mais une question essentielle mérite d’être posée :
 
Est-ce réellement le rôle de l’animal de décider avec qui il doit intervenir ?
 
Chez Synergie Plumes et Poils, nous croyons que cette responsabilité appartient avant tout au professionnel.
 
L’erreur la plus fréquente
 
Certains considèrent qu’un chien qui prend spontanément l’initiative d’aller vers un bénéficiaire démontre une grande compétence.
 
Pourtant, cette initiative peut aussi placer l’animal dans une situation qu’il n’est pas en mesure d’évaluer.
 
Le chien ne connaît pas l’histoire de la personne.
 
Il ne connaît pas ses peurs.
 
Il ignore si elle aime les animaux.
 
Il ne sait pas si elle présente des comportements imprévisibles.
 
Il ne connaît pas les objectifs de l’intervention.
 
Toutes ces informations appartiennent au professionnel.
 
Le regard de la méthodologie SPP
 
Chez Synergie Plumes et Poils, nous souhaitons que l’animal puisse prendre des initiatives.
 
Mais nous distinguons deux réalités.
 
Une initiative construite et une initiative laissée au hasard.
 
Nous encourageons un chien qui revient vers son intervenant pour obtenir une référence avant d’aller vers un bénéficiaire.
 
Ce retour n’est pas un signe de dépendance.
 
C’est un comportement de collaboration.
 
Le chien apprend que son partenaire humain possède des informations auxquelles lui n’a pas accès.
 
En validant auprès de son intervenant, il est ensuite dirigé vers une interaction sécuritaire.
 
Cette façon de travailler protège tout le monde.
 
Un exemple dans le quotidien
 
Imaginez un jeune éducateur qui entre dans une nouvelle classe.
 
Sans connaître les élèves, il décide spontanément de prendre dans ses bras un enfant qui pleure.
 
Son intention est probablement excellente.
 
Mais possède-t-il toutes les informations ?
 
Cet enfant aime-t-il être touché ?
 
Vit-il un traumatisme ?
 
A-t-il mal quelque part ?
 
Un professionnel expérimenté prendra d’abord le temps d’observer et de comprendre la situation.
 
Pourquoi demanderions-nous à un chien de prendre seul une décision aussi complexe ?
 
Un exemple en relation d’aide
 
Une intervenante accompagne un groupe de personnes vivant avec différents défis.
 
L’une d’elles manifeste une grande détresse.
 
Le chien remarque cette agitation.
 
Plutôt que de s’élancer spontanément vers cette personne, il revient vers son intervenante.
 
Il établit un contact.
 
Il attend une référence.
 
L’intervenante évalue rapidement la situation.
 
Est-ce le bon moment pour une interaction ?
 
La personne souhaite-t-elle un contact ?
 
Le contexte est-il sécuritaire ?
 
Elle invite ensuite le chien à s’approcher… ou choisit une autre stratégie.
 
Le chien n’a pas porté seul la responsabilité de cette décision.
 
Il a travaillé en équipe.
 
Une pratique professionnelle protège l’animal de décisions qui ne lui appartiennent pas
 
Nous souhaitons des animaux capables de prendre des initiatives.
 
Mais nous ne souhaitons jamais qu’ils portent la responsabilité d’analyser des situations humaines complexes.
 
Cette responsabilité appartient au professionnel.
 
C’est lui qui connaît les objectifs de l’intervention.
 
Les caractéristiques de la clientèle.
 
Les risques présents.
 
Et les limites de chacun.
 
La préparation de l’animal consiste donc à lui apprendre qu’il peut observer, explorer, revenir demander une référence puis repartir lorsque son partenaire l’y invite.
 
Cette approche repose sur une méthodologie des interactions humaines et animales, une sélection rigoureuse, une évaluation, une préparation progressive et une certification qui permettent à l’équipe humain-animal d’intervenir de façon sécuritaire.
 

Parce qu’un bon animal partenaire n’est pas celui qui prend toutes les décisions.

 
C’est celui qui sait quand revenir vers son intervenant pour les prendre ensemble.
 

L’initiative est une force. La référence à son partenaire en fait une compétence professionnelle.