Lunette animale : sur qui puis-je compter?Sur cette image, plusieurs espèces se côtoient, dont des animaux proies et des animaux prédateurs.
Au-delà de ce que nous, humains, trouvons joli, pratique ou amusant, une autre question mérite d’être posée :
Comment chacun de ces animaux vit-il réellement cette proximité?
Un animal peut demeurer immobile sans être confortable.
Il peut tolérer sans apprécier.
Il peut observer, s’éloigner, se figer ou tenter de fuir bien avant d’exprimer plus clairement son inconfort.
Et surtout, dans une intervention, l’animal devrait pouvoir compter sur son intervenant pour voir ces premiers signaux et agir avant qu’il ait besoin de les amplifier.
Lunette humaine : combien de choses devons-nous regarder en même temps?Un client.
Un petit chien.
Un lapin.
Une poule.
Un grand chien.
L’environnement.
Les interactions entre les espèces.
Et un seul intervenant.
Pendant qu’il observe le lapin, qui observe le grand chien?
Pendant qu’il accompagne le client dans son interaction avec le petit chien, qui remarque les changements subtils chez la poule?
Et pendant qu’il surveille les animaux, est-il encore réellement disponible pour observer, accompagner et interpréter l’expérience vécue par son client?
La question n’est donc plus seulement :
« Est-ce que mes animaux sont capables de faire de l’intervention? »
Mais plutôt :
« Suis-je réellement capable d’accompagner adéquatement tout ce qui se passe devant moi? »
Lunette professionnelle : quelques secondes peuvent tout changerLa responsabilité de l’intervenant ne commence pas lorsqu’un animal grogne, tente de fuir ou réagit.
Elle commence bien avant.
Observer.
Interpréter.
Expliquer au client.
Adapter l’interaction.
Modifier l’environnement.
Intervenir lorsque nécessaire.
Avec plusieurs animaux à accompagner simultanément, cette disponibilité se fragmente.
Et il suffit parfois d’un moment d’inattention pour qu’un animal inconfortable se retrouve sans l’accompagnement dont il avait besoin.
À ce moment-là, il ne peut plus nécessairement compter sur l’humain pour mettre fin à la situation à sa place. Il utilisera alors ses propres stratégies : se figer, s’éloigner, fuir ou éventuellement communiquer son inconfort de façon beaucoup plus évidente.
L’animal ne devrait pas avoir à attendre d’être rendu à sa limite pour que nous l’écoutions.
C’est précisément pourquoi les compétences d’observation, d’anticipation et d’adaptation de l’intervenant sont indissociables du bien-être animal et de la sécurité des interventions.
Parce que des standards plus élevés commencent par notre capacité à voir ce qui se passe avant que l’animal soit obligé de nous le montrer. 
