👤 Lunette humaine : « Regardez comme ils sont beaux ensemble! »
Pour la personne, l’expérience peut être extraordinaire.
 
Deux animaux sont près d’elle.
 
Elle peut choisir avec lequel interagir.
 
Elle peut passer du chien au lapin et observer leur proximité.
 
Et lorsque les deux animaux vivent ensemble à la maison, cette proximité peut même être interprétée comme une belle complicité :
 
« Ils se connaissent. Ils ont toujours été ensemble. Il n’est jamais rien arrivé. »
 
Avec nos lunettes humaines, tout semble donc rassurant.
 
Mais changeons de lunettes.
 
🐕 Lunette du chien : « Quelque chose peut changer très rapidement. »
 
Un lapin demeure une petite espèce dont les mouvements peuvent déclencher chez certains chiens des comportements de poursuite ou de prédation.
 
À la maison, nous connaissons peut-être parfaitement notre chien.
 
Il n’a jamais poursuivi le lapin.
Il dort à côté de lui.
Il ne lui a jamais fait de mal.
Mais l’intervention change le contexte.
Nouvelles personnes.
Nouvelles odeurs.
Bruits.
Mouvements imprévisibles.
Excitation.
Manipulations.
Proximité physique.
Attention divisée.
 
Les comportements observés dans un environnement familier ne garantissent pas exactement les mêmes réponses dans un contexte différent.
 
Et il suffit parfois d’un mouvement rapide du lapin pour que la situation change en quelques secondes.
 
🐇 Lunette du lapin : « Combien de choses dois-je surveiller? »
 
De son côté, le lapin ne doit pas seulement composer avec la proximité du chien.
 
Il doit également gérer l’environnement d’intervention :
les personnes inconnues, les manipulations, les bruits, les déplacements, les odeurs, le matériel et l’imprévisibilité.
 
Ajoutons maintenant la proximité d’un prédateur potentiel.
 
Un lapin qui demeure immobile n’est pas nécessairement un lapin confortable.
La question devient alors :
 
Combien de pression lui demandons-nous de tolérer simplement pour créer une interaction que nous trouvons intéressante?
 
👀 Lunette professionnelle : pourquoi créer un risque que nous pouvons éviter?
 
La responsabilité de l’intervenant n’est pas de trouver le chien qui ne poursuivra jamais le lapin.
 
Elle n’est pas davantage de sélectionner le lapin capable de tolérer un chien à proximité.
 
Elle consiste d’abord à se demander :
 
Pourquoi avons-nous besoin de placer simultanément une proie et un prédateur dans cette situation?
 
Parce que les conséquences potentielles ne concernent pas uniquement les animaux.
 
Si le lapin bouge soudainement et que le chien tente de l’attraper, où se trouvent les mains du bénéficiaire? Son visage? Son corps?
 
Une réaction dirigée vers le lapin peut, en une fraction de seconde, devenir également un enjeu de sécurité humaine.
 
Et c’est précisément là que les standards de pratique prennent tout leur sens.
 
La sécurité ne consiste pas uniquement à sélectionner de « bons animaux ». Elle consiste aussi à concevoir des situations dans lesquelles nous ne leur demandons pas de gérer des risques inutilement.
 
Prédateur + proie + bénéficiaire + environnement imprévisible : lorsqu’une configuration peut être évitée sans diminuer la qualité de l’intervention, pourquoi prendre ce risque?
 
Parce que les hauts standards ne commencent pas après l’accident.
Ils commencent dans les décisions qui permettent de l’éviter. 🐾