🐾 Lunette animale : « J’ai envie de m’approcher. »
 
Le chien pousse vers l’avant et monte sur la personne.
 
Pourquoi?
 
Peut-être recherche-t-il réellement le contact.
 
Peut-être veut-il sentir davantage.
 
Peut-être cherche-t-il simplement à recueillir de l’information sur cette personne ou cette situation.
 
S’approcher ne signifie toutefois pas nécessairement vouloir rester aussi près.
 
Une fois installé sur la personne, légèrement entouré par ses bras, le chien se retrouve dans une drôle de position : il s’est lui-même approché, mais ses possibilités de retrait sont maintenant plus limitées.
 
Et son état peut changer rapidement.
 
👤 Lunette humaine : « Il m’a choisie! »
 
Pour la dame, c’est probablement un magnifique moment.
 
Un gros chien vient vers elle, monte sur elle et accepte sa proximité.
 
Elle peut se sentir privilégiée :
 
« Il veut être avec moi. »
 
Et ce sentiment compte. C’est justement ce qui rend les interactions humain-animal si puissantes.
 
Mais essayons une comparaison.
 
Imaginez quelqu’un qui vient spontanément vous faire une accolade.
 
Même si vous appréciez cette personne, combien de temps souhaitez-vous que l’accolade dure?
 
Quelques secondes?
 
Et surtout : qu’arrive-t-il si vous souhaitez vous retirer… mais que l’autre personne continue de vous tenir?
 
Le contact que vous aviez accepté quelques secondes auparavant peut soudainement devenir inconfortable.
 
Le consentement à la proximité n’est pas nécessairement un consentement à y rester.
 
👀 Lunette professionnelle : combien de temps avons-nous pour réagir?
 
C’est ici que la proximité devient un véritable enjeu de sécurité.
 
Le chien est gros.
 
Son corps est engagé sur celui de la personne.
 
Ses possibilités de retrait sont réduites.
 
Et surtout, son visage se retrouve extrêmement près du visage humain.
 
Si son confort change, l’intervenant doit simultanément :
 
observer les premiers signaux, comprendre ce qui se passe, guider la personne, demander au chien de descendre et recréer de l’espace.
 
Tout cela doit se produire très rapidement.
 
Et au niveau du visage, les conséquences potentielles d’une réaction sont importantes.
 
Alors une autre question professionnelle mérite d’être posée :
 
Avons-nous réellement besoin de créer cette situation pour offrir au client une interaction significative avec le chien?
 
Probablement pas.
 
Nous pouvons permettre la proximité, l’affection et la connexion tout en conservant suffisamment d’espace pour que le chien puisse partir facilement et que l’intervenant puisse intervenir avant que la situation ne devienne problématique.
 
Trop de risques pour un bénéfice que nous pouvons obtenir autrement.
 
La compétence professionnelle ne consiste donc pas uniquement à savoir quoi faire lorsque le chien devient inconfortable.
 
Elle consiste aussi à reconnaître les situations dans lesquelles mieux vaut ne pas attendre de voir ce qui arrivera.
 
Parce qu’en intervention, quelques centimètres de distance peuvent parfois représenter une énorme marge de sécurité. 🐾