« Je vais prendre un chiot. Comme ça, je vais tout lui apprendre et en faire un excellent chien d’intervention. »
Cette idée est très répandue.
Elle est rassurante.
Elle donne l’impression que tout dépendra de l’éducation et de l’entraînement.
Mais une question mérite d’être posée :
Peut-on réellement construire n’importe quel animal partenaire à partir de n’importe quel chiot ?
Chez Synergie Plumes et Poils, nous croyons que la réponse est non.
L’erreur la plus fréquente
Un chiot n’est pas une page blanche.
Dès son plus jeune âge, il possède déjà des caractéristiques qui lui sont propres.
Sa façon d’explorer.
Sa curiosité.
Sa récupération après une surprise.
Sa sensibilité.
Son intérêt pour les humains.
Sa capacité à collaborer.
Son autonomie.
Son tempérament.
Toutes ces caractéristiques font partie de ce qu’il est.
L’éducation et la préparation permettront de les développer.
Mais elles ne transformeront pas profondément la personnalité fondamentale du chien.
Le regard de la méthodologie SPP
La préparation est essentielle.
Mais elle ne devrait pas avoir comme objectif de faire entrer un chien dans un rôle pour lequel il n’a pas les aptitudes naturelles.
Elle sert plutôt à développer un candidat prometteur, à lui faire découvrir différents contextes, à construire ses compétences et à vérifier que ses qualités se maintiennent dans des situations variées.
Si un chiot nécessite un travail considérable simplement pour tolérer les réalités normales de la relation d’aide, cela mérite une réflexion.
Le rôle de la préparation n’est pas de masquer les difficultés.
Il est de confirmer que les aptitudes naturelles du chien peuvent s’exprimer dans un cadre professionnel.
Un exemple concret
Deux chiots commencent leur préparation.
Le premier récupère rapidement lorsqu’il découvre un nouvel environnement.
Il revient spontanément vers son intervenant.
Il demeure curieux et engagé.
Le second présente régulièrement un inconfort important devant les nouveautés.
Malgré un travail progressif et respectueux, ces réactions demeurent présentes.
L’objectif n’est pas de forcer le second chiot à devenir un animal partenaire à tout prix.
L’objectif est de se demander si cette carrière lui convient réellement.
Protéger c’est parfois savoir dire non
Une bonne évaluation ne sert pas uniquement à identifier les meilleurs candidats.
Elle sert aussi à protéger ceux qui ne seront pas heureux dans ce rôle.
À l’inverse, elle permet également de reconnaître les chiens qui possèdent les aptitudes recherchées afin de construire une préparation adaptée qui préservera leurs qualités.
Dans les deux cas, l’évaluation protège l’animal.
Simplement pour des raisons différentes.
Une pratique professionnelle commence par une sélection
En relation d’aide, nous ne cherchons pas à fabriquer un animal partenaire.
Nous cherchons d’abord à identifier un candidat qui possède les aptitudes fondamentales pour exercer ce rôle.
Nous investissons ensuite dans une préparation réfléchie qui développera ces qualités sans aller à l’encontre de ce qu’il est profondément.
Cette démarche repose sur une sélection rigoureuse, une évaluation objective, une préparation progressive et une certification qui permettent de protéger le bénéficiaire, le professionnel mais aussi l’animal lui-même.
Parce que tous les chiens méritent de réussir.
Mais ils ne sont pas tous faits pour réussir dans la même mission.
Une bonne préparation développe les aptitudes. Elle ne remplace jamais la sélection.