Comment aider une personne à mieux tenir compte des réactions de son partenaire de communication ?
Les personnes vivant avec un trouble du spectre de l’autisme présentent des profils et des besoins très variés. Certaines peuvent éprouver des défis liés à la communication, aux interactions sociales, à la compréhension des comportements des autres ou à l’adaptation de leurs propres comportements selon le contexte.
Les objectifs d’intervention sont donc toujours personnalisés. Il peut s’agir, par exemple, d’initier une interaction, de maintenir un échange, d’attendre son tour, de collaborer, de demander de l’aide ou encore d’apprendre à observer les réactions de l’autre afin d’ajuster sa communication.
Comme pour toute intervention, une question essentielle se pose :
L’intégration d’un animal apportera-t-elle une réelle valeur ajoutée à l’objectif poursuivi ?
Pourquoi intégrer un animal ?
L’animal offre un partenaire de communication vivant, authentique et cohérent dans ses réactions.
Il ne répond pas aux attentes de la personne simplement parce qu’une consigne lui est donnée. Il réagit plutôt à ce qu’il perçoit : la posture, la distance, le rythme, les gestes, les émotions ou encore le moment choisi pour entrer en interaction.
Cette particularité permet de vivre des expériences concrètes où la personne découvre progressivement que la qualité d’une interaction dépend autant de sa capacité à observer l’autre que de son intention de communiquer.
Pour que ces expériences soient positives, le choix de l’animal partenaire est essentiel.
Chez Synergie Plumes et Poils, nous privilégions un animal motivé à participer aux interactions. Un partenaire engagé, qui a envie d’interagir malgré les imprévus, permet de créer des situations riches tout en respectant son bien-être.
Un exemple concret
Prenons l’exemple d’un jeune qui souhaite développer ses habiletés sociales, plus particulièrement sa capacité à tenir compte des réactions de son partenaire de communication.
Avant de construire les activités, l’intervenant observe les interactions qui semblent les plus engageantes pour lui.
Préfère-t-il guider le chien dans un parcours ? Jouer à rapporter un objet ? Lui cacher des récompenses ? Le faire participer à un petit défi ?
Ces observations permettent d’identifier les interactions qui suscitent naturellement son intérêt et son engagement.
L’intervenant construit ensuite des activités où l’objectif n’est pas de contrôler le chien, mais d’apprendre à l’observer.
Par exemple, avant de lancer un jouet, le jeune est invité à regarder si le chien est prêt à jouer.
Lorsqu’il lui propose de le suivre, il observe si le chien comprend sa demande ou si une autre stratégie serait plus efficace.
Si le chien ralentit, regarde ailleurs ou choisit un autre comportement, l’intervenant accompagne le jeune dans son observation.
Que remarques-tu ?
À ton avis, que veut-il te communiquer ?
Qu’est-ce que tu pourrais essayer différemment ?
Progressivement, le jeune découvre que communiquer ne consiste pas seulement à transmettre un message. C’est aussi observer les réactions de l’autre et ajuster son comportement en conséquence.
Le transfert dans le quotidien
Les apprentissages réalisés avec l’animal deviennent ensuite un point de départ pour réfléchir aux interactions humaines.
L’intervenant peut accompagner le jeune à faire des liens avec son quotidien.
Comment sais-tu qu’un ami souhaite continuer à jouer ?
Comment peux-tu remarquer qu’une personne est occupée ou qu’elle aimerait participer à la conversation ?
Que peux-tu observer chez l’autre pour adapter ta façon de communiquer ?
Les interactions avec l’animal deviennent ainsi un laboratoire concret où la personne expérimente des stratégies qu’elle pourra progressivement transférer dans ses relations avec les autres.
Une pratique professionnelle repose sur une formation de qualité
Les interactions humain-animal offrent un formidable potentiel, mais elles demandent bien plus que la présence d’un animal.
Une pratique professionnelle nécessite de comprendre les besoins de la personne, de déterminer si l’animal représente une réelle valeur ajoutée, de sélectionner un animal partenaire dont les caractéristiques correspondent aux objectifs poursuivis et de construire des interactions porteuses de sens.
Elle exige également de reconnaître les besoins de l’animal, de préserver son bien-être et d’assurer la sécurité de toutes les personnes impliquées.
Être un professionnel, c’est aussi reconnaître les limites de son champ de pratique. L’intervenant doit être en mesure d’identifier les situations qui nécessitent l’expertise d’un autre professionnel et de travailler en complémentarité avec celui-ci lorsque les besoins de la personne le requièrent.
Chez Synergie Plumes et Poils, nous croyons qu’une pratique responsable repose sur une méthodologie rigoureuse, le respect du bien-être animal, la collaboration interdisciplinaire ainsi qu’une sélection et une certification des animaux partenaires afin d’offrir des interventions éthiques, sécuritaires et adaptées aux besoins de chaque personne.