Et si l’un des meilleurs observateurs de votre intervention était… votre animal partenaire ?

En relation d’aide, les professionnels développent leur capacité à observer. Ils portent attention aux comportements, aux émotions, au langage verbal et non verbal, aux réactions et à l’évolution de la personne accompagnée.

Lorsqu’un animal est intégré à une intervention, une nouvelle source d’information apparaît. Pourtant, elle est encore trop souvent sous-estimée.

 

Le regard de l’animal

Non pas dans le sens où l’animal pose un diagnostic ou « sait » ce que vit la personne, mais parce que ses comportements peuvent nous renseigner sur la qualité des interactions qui se déroulent sous nos yeux.

L’animal devient alors un partenaire d’observation.

 

L’erreur la plus fréquente

Il est fréquent d’observer uniquement le bénéficiaire.

L’intervenant analyse ses réactions, ses émotions et ses comportements.

Le chien, quant à lui, est souvent perçu comme celui qui réalise une activité.

 

Pourtant, ses comportements constituent eux aussi des informations précieuses

Vers qui choisit-il d’aller ?

À quel moment décide-t-il de s’éloigner ?

Quand son engagement augmente-t-il ?

Quand ralentit-il ?

Quand recherche-t-il davantage de distance ?

 

Ces observations ne donnent pas des réponses toutes faites.

Elles invitent plutôt l’intervenant à se poser de meilleures questions.

 

Le regard de la méthodologie SPP

Chez Synergie Plumes et Poils, nous croyons que les comportements de l’animal ne doivent jamais être interprétés isolément.

Ils prennent leur sens lorsqu’ils sont observés en lien avec le bénéficiaire, l’intervenant, l’environnement et l’objectif poursuivi.

 

Le chien ne confirme pas une hypothèse clinique

Il apporte une information supplémentaire qui mérite d’être explorée.

 

Pourquoi choisit-il de revenir spontanément vers cette personne ?

Pourquoi hésite-t-il dans cette interaction, alors qu’il était très engagé quelques instants auparavant ?

Pourquoi semble-t-il davantage motivé lorsque le bénéficiaire ralentit son rythme ?

Ces questions enrichissent l’observation clinique plutôt que de la remplacer.

 

Un exemple concret

Une intervenante accompagne un adolescent qui affirme manquer de confiance en lui.

Pendant une activité, elle remarque que le jeune donne très peu d’initiatives au chien. Il attend constamment les consignes de l’intervenante avant d’agir.

Au même moment, elle observe également que le chien tourne régulièrement son regard vers elle plutôt que vers l’adolescent.

 

Le premier réflexe pourrait être de conclure que le chien est simplement plus attaché à son accompagnatrice.

Mais la méthodologie SPP invite à aller plus loin.

Que révèle réellement cette interaction ?

L’intervenante décide de diminuer progressivement ses interventions.

Elle laisse davantage d’espace au jeune pour prendre des décisions et guider lui-même l’activité.

 

Peu à peu, le regard du chien se dirige davantage vers l’adolescent.

Celui-ci prend davantage d’initiatives, gagne en assurance et commence à ajuster spontanément sa communication avec son partenaire.

Ce n’est pas le regard du chien qui explique la situation.

C’est l’observation de cette interaction qui permet à l’intervenante de mieux comprendre ce qui se joue entre les différents partenaires.

 

Le transfert dans la pratique

Observer l’animal devient une compétence professionnelle.

Il ne s’agit pas de chercher des réponses dans chacun de ses comportements, mais de les utiliser comme des indices qui enrichissent notre compréhension de la situation.

Cette posture amène l’intervenant à ralentir, à observer davantage et à ajuster continuellement son accompagnement.

Au fil du temps, il développe un regard plus global sur les interactions.

Il ne regarde plus seulement le bénéficiaire.

Il observe la relation qui se construit entre le bénéficiaire, l’animal, lui-même et l’environnement.

Une pratique professionnelle repose sur une observation globale

 

Une intervention assistée par l’animal ne consiste pas simplement à intégrer un animal dans une activité.

Elle consiste à observer, comprendre et ajuster les interactions humaines et animales afin qu’elles soutiennent les objectifs d’intervention.

Le regard de l’animal fait partie de cette réflexion.

Non pas parce qu’il remplace l’expertise du professionnel, mais parce qu’il lui offre une perspective supplémentaire sur la qualité des interactions.

 

Chez Synergie Plumes et Poils, nous croyons que les meilleures interventions naissent lorsque l’intervenant développe la capacité d’observer simultanément le bénéficiaire, l’animal, leurs interactions et sa propre influence sur celles-ci.

C’est dans cet équilibre que les interactions deviennent une véritable source d’information clinique.

L’animal ne nous donne pas les réponses. Il nous aide à poser de meilleures questions.