Et si, pour mieux comprendre un animal, nous avions d’abord besoin de faire moins de bruit ?
 
En intervention, nous sommes souvent très actifs.
 
Nous expliquons.
 
Nous encourageons.
 
Nous posons des questions.
 
Nous donnons des consignes.
 
Nous rassurons.
 
Nous accompagnons.
 
Toutes ces interventions ont leur place. Pourtant, elles occupent parfois tellement d’espace qu’elles laissent peu de place à un autre partenaire de l’intervention : l’animal.
 
Car lui aussi communique.
 
Pas avec des mots, mais avec son regard, sa posture, ses déplacements, son rythme, sa distance, son engagement ou encore son choix de participer ou non.
 
Encore faut-il lui laisser le temps de s’exprimer.
 
L’erreur la plus fréquente
 
Lorsqu’une activité est en cours, plusieurs intervenants ressentent le besoin de maintenir un flot continu de paroles.
 
Ils souhaitent encourager le bénéficiaire, soutenir sa motivation ou éviter les moments de silence.
 
Pourtant, en parlant constamment, nous risquons parfois de passer à côté d’informations importantes.
 
L’animal tente peut-être de nous communiquer quelque chose.
 
Il hésite.
 
Il ralentit.
 
Il choisit une autre direction.
 
Il détourne le regard.
 
Il s’arrête.
 
Mais nous poursuivons les consignes sans prendre le temps d’observer ce qui est en train de se passer.
 
Le regard de la méthodologie SPP
 
Chez Synergie Plumes et Poils, nous croyons que le silence est un véritable outil d’intervention.
 
Il ne s’agit pas d’un vide à remplir.
 

Il s’agit d’un espace d’observation.

 
Un moment où le bénéficiaire peut réfléchir.
 
Un moment où l’animal peut choisir.
 
Un moment où l’intervenant peut observer ce qui émerge naturellement.
 
Le silence permet souvent de révéler des informations que les mots auraient masquées.
 
Lorsque nous ralentissons volontairement le rythme de l’intervention, nous permettons aux interactions de se développer plus librement.
 
L’animal peut alors devenir un véritable partenaire de communication.
 
Un exemple concret
 
Une intervenante accompagne un enfant dans une activité où celui-ci doit guider un chien vers différents objets.
 
Très engagée, elle donne continuellement des indications.
 
« Essaie encore. »
 
« Va de ce côté. »
 
« Appelle-le. »
 
« Regarde, il s’en va là-bas. »
 
À un moment, elle décide simplement de se taire.
 
L’enfant cesse lui aussi de parler.
 
Le chien s’arrête.
 
Il regarde l’enfant quelques secondes.
 
L’enfant modifie spontanément sa posture, attend un instant et le chien revient vers lui.
 
L’intervenante réalise alors que, depuis le début de l’activité, ses nombreuses interventions empêchaient peut-être le duo de trouver son propre rythme.
 
Ce n’est pas le silence qui a produit l’interaction.
 

C’est l’espace qu’il a créé.

 
Un espace où chacun a enfin pu communiquer.
 
Le transfert dans la pratique
 
Le silence est un outil qui peut enrichir toutes les interventions.
 
Avant de donner une nouvelle consigne, le professionnel peut se demander :
 
Ai-je réellement besoin d’intervenir maintenant ?
 
Que suis-je en train de manquer parce que je parle ?
 
Que se passerait-il si j’attendais quelques secondes ?
 
Que me communiquent actuellement le bénéficiaire et l’animal ?
 
Ces quelques instants peuvent transformer la qualité de l’observation et permettre à des interactions plus authentiques d’émerger.
 
Une pratique professionnelle repose aussi sur la capacité d’attendre
 
L’intervention ne se résume pas aux paroles de l’intervenant.
 
Elle se construit également dans les regards, les déplacements, les hésitations, les choix et les silences.
 
Chez Synergie Plumes et Poils, nous croyons que savoir observer est aussi important que savoir intervenir.
 

Le silence devient alors un outil précieux pour laisser toute la place aux interactions humaines et animales.

 
Parce que parfois, la meilleure intervention n’est pas une parole de plus…
 
C’est quelques secondes de moins.
 
Le silence n’interrompt pas l’intervention. Il permet aux interactions de prendre la parole.