Et si le meilleur geste professionnel consistait parfois à ne pas permettre le contact ?
Lorsqu’un animal est présent, le premier réflexe de plusieurs personnes est de vouloir le toucher.
Cette réaction est naturelle.
Elle est souvent associée au réconfort, à l’affection ou au plaisir de rencontrer un animal.
Mais en intervention assistée par l’animal, une question essentielle devrait toujours précéder le contact :
Le toucher est-il réellement la meilleure interaction pour atteindre l’objectif poursuivi ?
L’erreur la plus fréquente
Dans plusieurs contextes, le toucher devient presque automatique.
À peine l’animal est-il arrivé que les bénéficiaires sont invités à le caresser.
Pourtant, cette interaction n’est pas toujours la plus pertinente.
Parfois, elle détourne l’attention de l’objectif.
Parfois, elle place l’animal dans une situation où il doit tolérer de nombreux contacts successifs.
Et parfois, elle fait oublier qu’une interaction de qualité doit aussi respecter les besoins du partenaire animal.
Le toucher ne devrait jamais être une obligation.
Ni pour le bénéficiaire.
Ni pour l’animal.
Le regard de la méthodologie SPP
Chez Synergie Plumes et Poils, nous croyons que le toucher est une interaction qui mérite d’être réfléchie.
Il peut être porteur de sens dans certains contextes.
Mais il peut aussi être remplacé par une multitude d’autres interactions tout aussi riches.
Observer l’animal.
Le guider.
Jouer avec lui.
Résoudre un défi ensemble.
Construire une activité.
Lui offrir une récompense.
Respecter son espace.
Toutes ces interactions peuvent produire des effets tout aussi importants, tout en laissant à l’animal la possibilité de participer avec engagement.
La qualité d’une intervention ne dépend pas du nombre de caresses.
Elle dépend de la pertinence des interactions choisies.
Un exemple concret
Un enfant participe à une activité visant à développer sa capacité d’observer les réactions de son partenaire.
À son arrivée, il tend immédiatement les deux mains vers le chien pour le caresser.
Plutôt que d’encourager automatiquement ce contact, l’intervenant lui propose un défi.
« Avant de toucher le chien, observons le quelques instants. Que nous dit-il ? A-t-il envie de venir ? Est-il occupé ? Cherche-t-il à s’approcher ou préfère-t-il garder un peu de distance ? »
L’enfant remarque que le chien explore tranquillement le sol.
Il choisit alors d’attendre.
Quelques secondes plus tard, le chien revient spontanément vers lui.
Le contact a finalement lieu.
Mais cette fois, il est initié dans le respect du rythme de chacun.
L’enfant découvre qu’une interaction ne commence pas lorsque sa main touche l’animal.
Elle commence lorsqu’il apprend à observer son partenaire et à tenir compte de ce qu’il lui communique.
L’objectif n’était pas de caresser le chien.
L’objectif était d’apprendre à entrer en relation.
Le transfert dans la pratique
Cette réflexion dépasse largement les interventions avec un animal.
Elle nous invite à nous demander :
Respectons nous les limites des autres ?
Prenons nous le temps d’observer avant d’agir ?
Savons-nous attendre qu’une personne soit prête à entrer en interaction ?
Le respect du consentement, des limites et du rythme de l’autre est une compétence relationnelle fondamentale.
Les interactions avec l’animal permettent de la vivre de façon concrète.
Une pratique professionnelle protège tous les partenaires
Une intervention assistée par l’animal ne vise pas seulement le bien-être du bénéficiaire.
Elle protège également le bien-être physique et émotionnel de l’animal.
Le professionnel a la responsabilité de reconnaître les moments où l’animal souhaite interagir et ceux où il préfère prendre de la distance.
Chez Synergie Plumes et Poils, nous croyons que les meilleures interventions sont celles où le bénéficiaire et l’animal ont tous les deux la possibilité de communiquer leurs limites et d’être entendus.
Parce que protéger l’animal, ce n’est pas limiter l’intervention.
C’est lui permettre de demeurer un partenaire engagé, disponible et authentique.