Lunette animale : « Et si cette posture disait autre chose? »Un chien sur le dos peut rechercher une interaction. Mais cette posture peut également apparaître dans d’autres contextes et doit être interprétée avec l’ensemble de sa communication et de la situation.
La question devient donc moins :
« Est-ce qu’il aime se faire flatter le ventre? »
et davantage :
« Quelles possibilités lui reste-t-il si, dans quelques secondes, il n’aime plus ce qui se passe? »
Couché sur le dos, très près d’une personne, parfois entouré d’autres personnes, le chien n’est pas dans la position la plus simple pour augmenter rapidement sa distance.
Or, une intervention comporte beaucoup d’imprévisibilité : mouvements soudains, proximité physique, gestes maladroits, personnes parfois très démonstratives ou intrusives pour l’animal.
Même si le chien était confortable au départ, le sera-t-il encore dans 5, 10 ou 30 secondes?
Le bien-être ne consiste pas seulement à observer si l’animal semble bien. Il consiste aussi à préserver sa possibilité de choisir de ne plus participer.
Lunette professionnelle : devons-nous vraiment laisser cette situation s’installer?C’est ici que le rôle de l’intervenant devient essentiel.
Il ne s’agit pas d’attendre que le chien manifeste clairement son inconfort pour intervenir.
L’intervenant peut se demander :
Est-ce nécessaire de permettre cette interaction de cette façon?
Puis guider le chien et le client vers une position qui laisse davantage d’espace, de mobilité et de possibilités de retrait à l’animal.
Parce que nous pouvons créer une belle interaction sans placer le chien dans une position vulnérable et dans une grande proximité physique avec le client.
Et si une autre forme d’interaction permet d’atteindre le même objectif tout en diminuant les risques, pourquoi ne pas la privilégier?
Mieux vaut prévenir que devoir intervenir lorsque l’animal est déjà inconfortable.
Notre responsabilité professionnelle n’est pas seulement de savoir réagir.
Elle est aussi de ne pas créer inutilement les situations auxquelles l’animal devra réagir.
Parce qu’un animal partenaire ne devrait pas avoir à devenir inconfortable pour que nous commencions à protéger son espace. 
