Lunette humaine : « Regarde-moi… »La personne prend doucement le visage du chien entre ses mains pour l’amener à la regarder.
Du point de vue du client, le geste peut être très touchant.
Elle cherche le contact.
Elle veut entrer en relation.
Son mode de communication passe peut-être naturellement par le regard, la proximité et le toucher.
Et derrière ce geste se trouve un besoin profondément humain :
« J’aimerais établir quelque chose avec toi. »
Vu avec nos lunettes humaines, c’est beau. C’est relationnel.
Mais changeons de lunettes.
Lunette animale : « Est-ce que j’ai choisi cette proximité? »Vous souvenez-vous de ces matantes qui nous pinçaient les joues ou nous retenaient le visage pour nous dire bonjour?
Leur intention était probablement excellente. 

Mais vous, comment le viviez-vous?
Peut-être comme quelque chose d’envahissant, d’inconfortable que vous deviez simplement tolérer parce que l’adulte voulait vous témoigner son affection.
Le besoin de l’autre était satisfait. Mais qu’en était-il du vôtre?
Pour le chien, tenir physiquement sa tête afin d’obtenir son regard peut créer le même décalage.
La personne cherche une connexion.
Le chien, lui, peut chercher à détourner le regard, tourner la tête ou augmenter la distance.
Et si nous empêchons ces réponses, nous retirons justement à l’animal une partie de sa capacité à communiquer avec nous.
Lunette professionnelle : répondre au besoin humain sans l’imposer à l’animalC’est là que l’intervenant devient essentiel.
Son rôle n’est pas simplement de regarder l’interaction se produire.
Il doit être capable de voir le besoin derrière le comportement du client :
Elle veut créer un contact.
Puis de se demander :
Comment puis-je l’aider à vivre cette connexion sans demander au chien de subir une proximité qu’il n’a pas choisie?
L’intervenant peut proposer une autre interaction. Il peut guider le chien. Il peut même utiliser sa propre relation avec l’animal pour créer le pont que recherche le client.
Le besoin humain demeure entendu.
Mais l’animal n’a plus à le satisfaire au détriment de son espace.
Et c’est là qu’une photo comme celle-ci devient importante.
Parce que si ces situations se répètent, le chien peut progressivement apprendre quelque chose que nous ne voulons surtout pas lui apprendre :
« Quand je vais en intervention, les humains deviennent intrusifs et personne ne m’aide vraiment à faire respecter mes limites. »
À force de ne pas pouvoir détourner la tête, s’éloigner ou faire comprendre subtilement qu’il en a assez…
je vous laisse deviner quelle pourrait être la prochaine étape de sa communication.
Parce que protéger la relation humain-animal, ce n’est pas empêcher la connexion.
C’est apprendre à créer une connexion dans laquelle les deux ont leur mot à dire. 
