« Il faut laisser le chien explorer la pièce pendant 15 ou 20 minutes avant de commencer. »
 
Cette recommandation est souvent entendue en intervention assistée par l’animal.
 
Et il est vrai qu’un animal découvre toujours un nouvel environnement grâce à ses sens.
 
Mais une question mérite d’être posée :
 
Si un animal doit explorer longuement chaque nouveau milieu avant d’être disponible pour intervenir, est-il réellement prêt pour ce contexte ?
 
Chez Synergie Plumes et Poils, nous croyons que cette réflexion est essentielle.
 
L’erreur la plus fréquente
 
Certains pensent qu’un long temps d’exploration est toujours un signe de bien-être.
 
Pourtant, il peut aussi révéler qu’un environnement représente une importante source de nouveauté ou d’incertitude pour l’animal.
 
Plus un chien ressent le besoin de recueillir de nombreuses informations avant de pouvoir s’engager, plus une partie de son énergie est consacrée à comprendre son environnement plutôt qu’à participer aux interactions.
 
Ce n’est pas un mauvais chien.
 
C’est simplement un chien qui n’est peut-être pas encore suffisamment préparé à ce type de contexte.
 
Le regard de la méthodologie SPP
 
Chez Synergie Plumes et Poils, nous souhaitons que l’animal puisse explorer.
 
Mais nous souhaitons surtout qu’il développe une capacité d’adaptation.
 
Grâce à une préparation progressive dans des contextes variés, l’animal apprend que de nouveaux lieux ne représentent pas une menace.
 
Il peut jeter un regard.
 
Sentir quelques odeurs.
 
Prendre rapidement ses repères.
 
Puis revenir naturellement vers son partenaire.
 
L’objectif n’est pas d’empêcher l’exploration.
 
L’objectif est que celle-ci ne devienne pas le centre de son attention.
 
Un exemple dans le quotidien
 
Imaginez que vous entrez dans une nouvelle salle de réunion.
 
Vous regardez rapidement où sont les portes, les fenêtres et les personnes présentes.
 
Après quelques instants, votre attention revient naturellement vers la rencontre.
 
À l’inverse, si vous passiez les trente premières minutes à observer chaque détail de la pièce, il serait probablement difficile de participer pleinement à la discussion.
 
Il en est de même pour l’animal.
 
Un exemple en relation d’aide
 
Une intervenante arrive dans une nouvelle école.
 
Son chien entre calmement dans le local.
 
Il observe brièvement les lieux.
 
Sent quelques odeurs.
 
Regarde les élèves.
 
Puis revient spontanément vers son intervenante.
 
Les interactions peuvent commencer.
 
À l’inverse, si le chien passe plusieurs minutes à explorer chaque coin de la classe, à rester absorbé par les odeurs et à ignorer son partenaire, l’intervenante obtient une information précieuse : ce milieu mobilise encore beaucoup d’énergie chez son chien.
 
Avant de poursuivre, elle se demande si ce contexte correspond réellement à son niveau de préparation ou si un travail supplémentaire est nécessaire.
 
Une pratique professionnelle prépare l’animal avant le terrain
 
L’exploration est un comportement normal.
 
Mais une intervention professionnelle ne devrait pas reposer sur un animal qui doit constamment découvrir son environnement pendant de longues périodes.
 
Une préparation progressive permet à l’animal de développer sa capacité d’adaptation afin qu’il puisse consacrer davantage d’énergie aux interactions avec les bénéficiaires.
 
Cette préparation s’appuie sur une méthodologie des interactions humaines et animales, une sélection rigoureuse de l’animal partenaire, une évaluation de ses aptitudes et une certification qui confirme que l’équipe humain-animal est prête à intervenir de façon sécuritaire.
 
Parce qu’un animal bien préparé n’est pas un animal qui n’explore jamais.
 
C’est un animal qui explore juste assez puis choisit de s’engager.
 

L’exploration informe l’animal. La préparation lui permet d’aller plus loin.