Et si la première réaction du bénéficiaire était déjà une information précieuse pour l’intervention ?
 
Lorsqu’un animal est intégré à une intervention, plusieurs s’attendent à ce que le bénéficiaire ait immédiatement envie de s’en approcher.
 
Qu’il le caresse.
 
Qu’il joue avec lui.
 
Qu’il manifeste de l’intérêt.
 
Mais la réalité est parfois tout autre.
 
Certaines personnes préfèrent garder leurs distances.
 
D’autres observent sans participer.
 
Certaines expriment une peur, une inquiétude ou même un désintérêt.
 
Ces réactions peuvent surprendre.
 
Elles ne devraient pourtant jamais être considérées comme un échec.
 
L’erreur la plus fréquente
 
Le premier réflexe est souvent de vouloir faire disparaître cette réaction.
 
On encourage le bénéficiaire à s’approcher.
 
On tente de le rassurer.
 
On lui propose de toucher l’animal.
 
On insiste sur le fait qu’il est gentil.
 
Ces intentions sont bienveillantes.
 
Mais elles nous font parfois oublier une question essentielle :
 
Pourquoi cette réaction est-elle présente ?
 
Et surtout…
 
Que peut-elle nous apprendre sur la personne ?
 
Le regard de la méthodologie SPP
 
Chez Synergie Plumes et Poils, nous croyons que les réactions du bénéficiaire sont des informations, et non des obstacles.
 
Une peur peut nous renseigner sur le sentiment de sécurité.
 
Un refus peut révéler un besoin de contrôle ou de prévisibilité.
 
Un désintérêt peut nous amener à réfléchir à la pertinence de l’animal dans l’atteinte des objectifs.
 
L’objectif n’est donc pas de convaincre le bénéficiaire d’aimer l’animal.
 
L’objectif est de comprendre ce que cette réaction signifie et de déterminer si elle représente une opportunité d’intervention.
 
Parfois, ce sera le cas.
 
Parfois, non.
 
Et dans certaines situations, la meilleure décision sera de ne pas intégrer l’animal.
 
Un exemple concret
 
Une jeune adolescente participe à une intervention visant à développer sa confiance en elle.
 
À l’arrivée du chien, elle choisit de rester à plusieurs mètres de distance.
 
Elle répond rapidement qu’elle n’aime pas les chiens.
 
Le premier réflexe pourrait être de lui expliquer que ce chien est calme, bien entraîné et qu’elle n’a rien à craindre.
 
L’intervenant choisit une autre approche.
 
Il respecte son choix.
 
Il lui demande ce qui la rend plus confortable.
 
Il l’invite simplement à observer les interactions, sans obligation de participer.
 
Au fil des rencontres, la jeune commence à poser des questions.
 
Puis elle accepte de lancer une récompense à distance.
 
Quelques semaines plus tard, elle choisit elle-même de diminuer la distance.
 
L’objectif n’était jamais de lui faire caresser un chien.
 
L’objectif était de lui permettre de retrouver un sentiment de contrôle, de respecter son rythme et de vivre des réussites dans une situation qui représentait un défi pour elle.
 
Dans une autre situation, l’intervenant pourrait toutefois conclure que la présence de l’animal n’apporte aucune valeur ajoutée aux objectifs poursuivis et choisir une autre modalité d’intervention.
 
La méthodologie consiste justement à faire ce choix de façon réfléchie.
 
Le transfert dans la pratique
 
Cette façon de réfléchir transforme le regard du professionnel.
 
Une réaction devient une information.
 
Une hésitation devient une piste de réflexion.
 
Un refus devient une occasion de mieux comprendre les besoins de la personne.
 
Le professionnel cesse alors de chercher à provoquer une interaction avec l’animal à tout prix.
 
Il cherche plutôt à construire une intervention qui respecte le rythme, les limites et les objectifs du bénéficiaire.
 
Une pratique professionnelle commence par le respect du choix
 
Les interactions humain-animal doivent toujours demeurer volontaires.
 
Le bénéficiaire comme l’animal doivent pouvoir exprimer leurs limites.
 
Une intervention de qualité ne cherche jamais à imposer une interaction.
 
Elle cherche à comprendre si cette interaction représente réellement une valeur ajoutée.
 

Chez Synergie Plumes et Poils, nous croyons qu’une méthodologie rigoureuse ne mesure pas le succès d’une intervention au nombre de caresses ou à la proximité avec l’animal.

 
Elle le mesure à la qualité des choix faits par le professionnel pour accompagner la personne dans le respect de ses besoins.
 

Parce qu’en relation d’aide, respecter un refus est parfois le premier pas vers une véritable rencontre.

 

Une interaction imposée crée rarement un apprentissage. Une interaction choisie ouvre la porte au développement.